Publié par : gaudan75 | janvier 6, 2010

Bresil (Rio de Janeiro)

  

Si vous voulez aller a Rio de Janeiro, il y a deux possibilites : soit vous atterrissez directement a l’aeroport international de la ville, d’ou un taxi vous amenera, emerveille(e), vers l’un des grands hotels de la ville.

Soit vous pouvez decider d’atterrir dans une ville proche, Sao Paulo par exemple, et prendre l’autoroute qui relie les deux cites. La, le spectacle est tout autre. Apres avoir franchi un magnifique col enfoui dans la foret vierge, vous descendrez dans la vallee et surtout dans l’enfer des grandes banlieues nord de l’ancienne capitale du Bresil. De la route et sans meme s’arreter, il ne faut pas etre bien observateur pour s’apercevoir que ce n’est qu’une succession de taudis sans nom dans lesquels on se demande bien comment on peut laisser des gens vivre. Sur des kilometres et des kilometres.

Je vais etre franc : je n’ai pas pu me relever de cette premiere impression tres negative, et Rio restera pour moi une grande deception dans mon voyage.

J’ai d’abord ete decu par les Cariocas eux-memes. Je n’ai certes pas eu l’occasion de discuter vraiment avec l’un d’entre eux, mais tous ceux que j’ai rencontres (dans les commerces generalement) ne m’ont pas paru d’une grande amabilite, c’est le moins que l’on puisse dire… Et si en plus vous ne parlez pas portugais, abandonnez carrement l’idee de vous en faire des copains. Un conseil cependant : ne leur parlez surtout pas espagnol, ils detestent ca (ils preferent encore parler anglais, enfin pour ceux qui savent).

Ensuite, la ville est prodigieusement sale, a part quelques sites preserves (Copacabana, Ipanema et Botafogo). En plus de la misere, vous pouvez me croire lorsque je dis que la majorite des quartiers de Rio sont franchement glauques. Ajoutez a cela un climat lourd et humide, et vous vous demandez comment Rio va bien pouvoir etre capable d’accueillir les supporters qui viendront du monde entier pour assister a la finale de la Coupe du Monde de footbal en 2014 et aux Jeux Olympiques en 2016…

Vous me direz : oui, mais Rio, c’est la fete, c’est la samba. Certes, mais Dieu que l’energie de cette ville est molle… Parfois, vous passez devant un cafe le soir et vous avez l’impression que les clients y sont visses sur leur chaise depuis le matin. Il semble que les Cariocas ne retrouvent leur energie la nuit que pour mieux dormir le jour. Selon un Uruguayen avec qui j’avais sympathise auparavant, c’est d’ailleurs ce qui fait la difference entre les Paulistas (habitants de Sao Paulo) et les Cariocas. Sao Paulo partage le meme gout pour la fete que sa grande concurrente Rio, mais ses habitants sont egalement reputes pour etre de grands travailleurs. Ce n’est donc sans doute pas un hasard si Sao Paulo prospere (meme si la ville connait egalement de grands problemes de pauvrete), tandis que Rio vegete avec ses plus grandes favelas au monde…

Un mot sur l’architecture. L’urbanisme moderne bresilien a ete tres influence par Oscar Niemeyer, grand architecte communiste visiblement tres inspire par les grands blocs en beton que l’on pouvait trouver en Union sovietique. Le Rio moderne, c’est donc tres souvent des grands immeubles sans ame qui vieillissent d’autant plus mal qu’ils ne doivent pas etre tres souvent entretenus, meme dans des quartiers aises comme Botafogo. Un bon exemple d’architecture moderne a Rio, c’est le “Sambodromo”, sorte de stade a la grecque qui accueille chaque annee le fameux Carnaval. Ce n’est en fait qu’un bloc de beton miteux coince entre deux favelas glauques…

Le Rio ancien, c’est souvent de tres beaux hotels particuliers de style portugais, mais qui n’ont jamais ete ravales pour la plupart, et dont certains ne sont meme plus que des ruines.

Neanmoins, je serais injuste si je ne parlais pas des quelques endroits qui font que Rio merite tout de meme sa reputation :

- Les plages (Copacabana et Ipanema) : la premiere fois que vous arrivez a Copacabana, vous ne pouvez pas manquer d’etre decu (comme toujours a Rio!). Apres tout, ce n’est qu’une plage, pas plus grande que celle de La Baule. Mais si vous prenez le temps de flaner un peu, vous commencez par vous laisser gagner par le paysage avoisinant, melange d’immeubles balneaires, de collines verdoyantes et de petites iles perdues. Le paysage est d’ailleurs beaucoup plus beau a Ipanema, et c’est sans doute pour cela que les locaux la preferent a Copacabana, qui est pourtant mondialement connue. Surtout, les plages sont tres bien amenagees : vous pouvez y jouer au foot ou au volley sur des terrains clairement delimites, tandis que vos copains sont en train de siroter une caipirinha dans l’un des nombreux bars en plein air.

Copacabana est reputee pour attirer les plus jolies filles du Bresil, mais je n’y ai surtout vu que des dames d’un certain age qui avaient l’air de courir desesperement derriere leur jeunesse perdue… Il faut aussi dire que les deux fois ou je suis alle a Copacabana, il s’est mis a pleuvoir a torrent… Les belles avaient du rester bien au chaud dans les samba bars de la ville!

- Le Pain de Sucre : c’est tout simplement pour moi l’endroit qui sauve Rio. Les Cariocas pourront continuer a etre desagreables et la ville crouler sous la misere et la salete, tant que le Pain de Sucre ne s’effondrera pas, Rio restera l’un des endroits les plus magiques au monde. Deja, ce curieux promontoire oblong est a lui seul une curiosite. Autant de loin, il ne ressemble a rien, autant de face, lorsque vous l’observez de la colline qui le jouxte, vous ne pouvez pas manquer d’etre subjugues par cet enorme ballon de rugby, tellement en decalage avec la topographie des lieux que vous vous demandez s’il ne s’agit pas d’un meteorite geant qui est venu se planter la, droit comme un “i”. C’est un spectacle saisissant et meme impressionnant, encore plus que le Rocher de Gibraltar, qui arrive pourtant a vous faire frissonner, la nuit…

Le paysage qui vous attend en haut du Pain de Sucre est franchement l’un des plus beaux que l’on puisse imaginer au monde. Vous avez en face de vous Rio, sa baie et ses collines, dans un melange tellement harmonieux que l’on dirait qu’il a ete volontairement dose. Cela merite 19/20, et je n’accorde pas le 20 simplement parce qu’il manque un sommet de 5,000 metres en arriere-plan qui acheverait de faire de l’endroit le plus beau theatre naturel de l’univers.

Malgre cela, vous aurez compris que j’ai quitte l’Amerique latine sur une legere fausse note… Place maintenant a l’Australie!


Réponses

  1. Hello Guillaume, génial ton blog !!! Desormais je vais suivre ton périple jour après jour !!!! On attend la suite avec impatience !!!

  2. Bonjour Guillaume,

    En cherchant sur Google des images du Christ du Corcovado, je suis tombée sur la photo que vous avez prise (ci-dessus) ; à la différence des autres photos visibles sur internet, elle est en haute définition. M’autorisez-vous à la publier en couverture du prochain numéro de la revue du diocèse de Reims ? D’avance merci.
    Céline

  3. Vous avez l’air sympa comme garçon mais si vous ne voulez voir ni pauvreté, ni saleté, ni misère mieux vaut rester chez vous ou alors ne visiter que des pays riches.

    • Bonjour,
      Je pense que vous avez mal lu mon article : c’est une chose de ne pas aimer la pauvreté, la saleté et la misère, mais cela en est une autre que d’être révolté parce que l’on voit de visu, surtout dans un pays comme le Brésil qui a plus de moyens que d’autres.
      Le commentaire que vous faites me laisserait à penser que vous êtes étranger à ce sentiment que l’on ne peut ressentir que sur place, et donc que vous êtes ce type de voyageur qui s’évade devant son poste de télévision. Mais je ne me permettrais pas de l’affirmer, car je ne vous connais pas:-)

  4. Bjr,
    marié a une Carioca ,fou amoureux du bresil et de Rio ! je suis moi aussi tres critique sur le Brésil et ses grands travers ( corruption, pauvreté, désorganisation,..)
    Mai désolé ton résumé de voyage est BEAUCOUP trop superficiel et plein de cliché ( oups tu as oublié les strings!!)
    Rio ne se resume pas a COPA et O pao de azucar!
    attention aux clichés de journaleux franchouillard!
    Sans rancune, je reste amoureux
    Yvan.

    • Bonjour Yvan,
      Comme je le dis dans mon article, je ne suis resté que quelques jours à Rio. En quelques jours, on n’a pas le temps de voir autre chose que les endroits “clichés” (Copacabana, etc) et de se faire une impression profonde de l’endroit.
      Par contre, je voyage toujours au plus près des populations et ce que j’ai vu à Rio ne m’a pas plu. Je n’ai ressenti cela nulle part ailleurs pendant mon tour du monde de 6 mois.
      En tous cas, tu n’es pas la seule “protestation” que j’ai reçue à propos de Rio. Peut-être qu’il est interdit de critiquer cette ville:-)
      Bonne soirée,
      Guillaume


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